Suite du feuilleton entamé voilà plus de deux ans... (;-(
Tous ceux qui ont introduit un recours sur le nouveau permis d'exploiter des Carrières du Hainaut - Holcim prévoyant notamment le travail et le charroi nocturnes couplés à une forte augmentation de la production, permis accordé au 30 juin 2010, ont reçu aujourd'hui en recommandé l'arrêté du cabinet du Ministre Henry statuant sur ces recours. Rappelons qu'il y a eu 10 recours, dont deux d'asbl regroupant ensemble pas loin de 400 membres, et 8 de particuliers riverains.
Rappelons aussi qu'au cours de l'enquête publique, 180 courriers de réclamation avaient abouti sur le bureau du Bourgmestre de Soignies. Hélas ! Le permis accordé par le fonctionnaire délégué et le fonctionnaire technique de la DPA de Mons n'en présentait guère de trace...(Pourquoi ? La question mérite d'être posée.)
Bonne nouvelle aujourd'hui ! Le Ministre a cassé ce nouveau permis et au terme de nombreux "considérant..." que je ne vous résume pas ici mais que vous pouvez consulter chez nous si vous le désirez - et qui reprennent en filigrane beaucoup de nos arguments -, décide (en gros) :
- que l'extension des horaires est refusée, aussi bien pour l'exploitation que pour le transport ;
- que la production annuelle ne peut dépasser les 2 250 000 tonnes ;
- qu'un lavage des accès au site doit être réalisé plusieurs fois par semaine (poussière) ;
- qu'un comité d'accompagnement comportant au moins une personne des quartiers Cerisiers-Tortue doit être constitué, disposer des relevés des jauges de mesure des poussières ainsi que des autres informations utiles, et pouvoir discuter des améliorations diverses à apporter ;
- que dans les trois mois, l'exploitant doit faire mettre en route une mesure des nuisances sonores en bordure des quartiers Cerisiers-Tortue et en assurer le suivi pendant au moins un an. Les résultats de ce suivi doivent être communiqués au comité d'accompagnement. Une simulation des améliorations qui seraient apportées par un merlon doit également être réalisée. Ensuite, il pourra éventuellement réintroduire une demande de permis relative aux horaires, incluant la construction d'un merlon si celle-ci s'avère nécessaire ;
- que dans les 12 mois, l'exploitant doit faire réaliser une étude sur les modes alternatifs de transport possibles (voie ferrée et voie d'eau).
Nous voyons dans cet arrêté un signe du caractère sensé et raisonnable de nos réclamations, et nous y constatons le souci d'allier le respect des initiatives économiques (ce souci étant également le nôtre) et celui des conditions de vie de la population locale. ENFIN !! C'est la première fois que nous rencontrons une posture rationnelle et équitable de la part d'un interlocuteur dans cette affaire.
Nous tenons donc à remercier et à féliciter ici tous ceux d'entre vous qui, à l'un ou l'autre stade de cette longue procédure, se sont mobilisés et engagés pour défendre nos droits de citoyens. Ce n'est ni facile ni agréable... mais nous n'avons pas oeuvré en vain.
Certes, la vigilance ne pourra s'arrêter aujourd'hui : l'exploitant peut aller au Conseil d'Etat, réintroduire une demande de permis qu'il faudra à nouveau lire de très près... mais cette étape-ci est très importante et renouvelle notre énergie !
Bonne soirée, et cordiales salutations à vous tous.
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Lettre ouverte à nos édiles communaux
Nous aimerions tant que les responsables communaux accordent de l’attention aux revendications des riverains de la carrière du Hainaut (+ Holcim). Sans aucun doute doivent-ils entendre les demandes des exploitants pour le bien du développement économique de la région, mais ils devraient vraiment penser aussi au bien-être de leurs concitoyens qui leur ont donné le pouvoir.
Qu’ils nous défendent en étant imaginatifs ! Sans doute l’ensemble des solutions à mettre en place et à EXIGER des carriers ne seront-elles pas celles décrites dans l’article que nous reproduisons ci-dessous, mais je ne puis croire que rien ne sera entrepris. ..
Cordialement,
Danielle Massart – oct. 2010
Le bateau plutôt que le camion
La société Sagrex, qui exploite la carrière de Lustin, en bord de Meuse, a fait le choix du bateau plutôt que le camion pour transporter les granulats. Depuis trois mois, un nouvel embarcadère de 600 000 euros est en activité.
C'est une sorte de tapis roulant qui passe sous la route et amène le gravier jusqu'au bateau. Il permet de remplir directement les bateaux sur le site de la carrière de Lustin, de quoi faire de fameuses économies de transport. Julien Fortemps est le chef de centre de la carrière : "Auparavant on chargeait déjà des bateaux, mais on conduisait les granulats jusque Maizeret en camions. Il y avait pour un bateau de 1200 tonnes, 40 camions qui traversaient Jambes et Dave, aller-retour. Maintenant sur l'année ça fait 9000 camions en moins".
Plus de facilités pour la carrière, mais aussi un impact sur l'environnement réduit. Pour les riverains les plus proches, à Profondeville, de l'autre côté de la Meuse, certaines conditions devaient être respectées pour limiter les nuisances : "Nous ne chargeons les bateaux que de 8 heures à 18 heures, donc il n'y a pas de chargements très tôt le matin, ni en nocturne. Pour limiter les nuisances, nous avons aussi adapté le transporteur ce qui permet de régler la chute du produit dans le bateau. Toutes les installations, les goulottes et la trémie, sont caoutchoutées, donc il y a très peu d'impact sonore".
45% de la production de la carrière est expédiée par bateau. Sagrex espère revoir ce pourcentage à la hausse dans les prochains mois.
Colette Jaspers avec Julie Fohal
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